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Tour du Cantal 2017
Article mis en ligne le 22 juin 2017
dernière modification le 28 juillet 2017

par ROBIN Denis
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Cette année en 2017, c’était le Cantal …

Imaginez un peu la troupe de l’ABC … vingt-huit cyclistes, cette année en route pour le Cantal. Un beau peloton, non ? Même qu’il fallait prendre une certaine hauteur pour pouvoir l’observer dans son ensemble. Et bien nous nous sommes hissés jusqu’au Pas de Peyrol pour y parvenir ! 1584 mètres dès le premier jour. Pas mal, non ?
Une aventure qui avait commencé plus tôt le matin, avec d’abord un rendez-vous aux aurores sur la place de Beauzac, puis un transfert en voiture jusqu’à Langeac ; une arrivée ensuite à sept heures sur les berges de l’Allier où là, les vélos furent déchargés et les hommes immédiatement mis en ordre de marche. Un départ en fanfare, où chacun semblait avide de découvrir de nouveaux horizons …
A peine montés sur leur vélo, les cyclistes traversèrent d’abord Langeac. Langeac, ville où naquit et vécut Pierre Chany, journaliste de renom, chantre du vélo. Une pensée pour cet érudit, qui sut si bien raconter l’histoire du cyclisme. Un homme qui immanquablement a une place dans le cœur de tous les passionnés de ce sport.
Dès la sortie du bourg, se dresse la côte de Pinol, première difficulté du parcours. Près de douze kilomètres d’ascension, et six cents mètres de dénivelés, qui sont offerts là en hors d’œuvre aux randonneurs beauzacois. Et dès l’entame de la bosse, déjà les premières attaques qui fusent, avec Antoine, jeune cycliste à l’accélération ravageuse, qui passe à l’offensive. Mais des lascars sont là pour lui donner la réplique. Des escarmouches vite contenues par Fred Bazin ou Patrick Perrin, par exemple. De grosses cylindrées que ces deux-là, de bons baroudeurs qui savent aussi se dépouiller sur un vélo, prêts à se retrousser les manches pour calmer les ardeurs du gamin ! Un premier échange, suivi plus tard d’autres attaques qui donneront lieu à quelques passes d’arme musclées.
Dans la côte, le peloton pourtant compact au départ, s’est vite disloqué, chacun par prudence grimpant sagement à son rythme. La route peu à peu a pris de la hauteur, et au hasard d’un virage on peut apercevoir la vallée, avec tout en bas l’Allier traçant son sillon à travers le relief.
Pinol marque la fin de la bosse, et c’est l’arrivée sur le plateau. Maintenant tout autour de nous il n’y a qu’une nature sauvage. A mille mètres d’altitude, la route serpente, encore hésitante, décrivant parfois de larges courbes comme les méandres d’un fleuve s’écoulant dans la plaine.
Michel, fondu dans ce décor, tricote son petit braquet. Il pédale serein et tranquille. Michel appartient à cette catégorie de cyclistes qui ne payent pas de mine, mais qui avancent. Et surtout, qui vont loin ! Nanti d’un moteur solide monté sur un châssis robuste, l’homme possède tous les atouts pour « bouffer du bitume » et s’adonner aux longues escapades. Michel : un bourlingueur qui a trainé sa bosse sur tous les continents. Un habitué aussi de la « Pampa Argentine », pour qui à priori, les monts ou les hauts plateaux Cantaliens ne devraient pas poser de problèmes, plus que cela …
Marc est sagement calé dans sa roue. Tiens ! En voilà un autre qui ne paye pas de mine sur un vélo ! Un cycliste qui pourtant est de tous les combats, qui passe allègrement les obstacles. Ne pas se fier aux apparences : un principe assez sage. Une règle encore plus vraie quand il s’agit du vélo.

Km 30 –

L’itinéraire sur la carte, indique qu’il faut tourner à gauche, direction Ruyne en Margeride. De la brume s’accroche maintenant à la pointe des grands conifères. Les monts du Cantal, déjà apparaissent au loin, partiellement noyés, eux aussi, au milieu de quelques nuages. Après quelques kilomètres effectués sur le plateau, tout à coup la route plonge. Quelques kilomètres encore, et c’est une halte qui nous attend. Un casse-croute sur petit promontoire à la sortie d’un virage, où Pierrot a dressé la table, nous est alors proposé. Un ravito de premier choix, cinq étoiles même, avec le viaduc de Gabarit qui s’offre à nous au premier plan. L’ouvrage en impose. Une œuvre d’art magnifique, qui plus d’un siècle après sa construction, a gardé toute sa majesté. Son concepteur, un certain Gustave Effel, est un architecte à coup sûr bourré de talent. Un artiste aussi, qui à l’époque avait parait-il un autre projet qui lui tenait à cœur, une autre idée en tête que celle de construire un pont. Une tour je crois … Un truc avant-gardiste, qui a laissé une trace il me semble !

Km 60

Saint-Flour maintenant n’est plus très loin. Encore quelques kilomètres, et nous apercevrons la cité cantalienne perchée sur son rocher. A cet endroit la route est large, et les cyclistes disciplinés roulent à droite, tous en ligne bien rangés sur le bord de la chaussée. Quand tout à coup, un fracas ! Quelqu’un vient de se faire balancer, percuté de l’arrière par un véhicule. A priori le dernier de la file. Trouillomètre à zéro ! Intense moment de panique … Chacun retient son souffle. C’est Dadou la victime ! Certes encore quelque peu sonnée par le choc, mais apparemment indemne. Ses blessures ne semblent être que superficielles. Après un beau vol plané, elle a eu la chance d’atterri sur le sol meuble du fossé. Le chauffard, lui, est une mamie ! Une mamie choquée elle aussi, chancelantes c’est sûr, qui sur l’instant ne mesure pas encore la gravité de son acte. Puis les pompiers arrivent, les gendarmes aussi, et les constatations d’usage sont faites. La belle randonnée cantalienne est stoppée là, nette, en pleine campagne, mais au bilan plus de peur que de mal. Par précaution, une radio du poignet endolori de la victime a été prescrite, et sera faite au centre hospitalier de Saint-Flour. Quand les pompiers emmènent Dadou, et que les gendarmes repartent, les cyclistes reprennent la route eux aussi. L’ambiance qui jusque-là, était plutôt à la rigolade et à la décontraction, est quelque peu retombée … Un coup de massue vient d’être asséné là aux cyclistes. Un coup de semonce aussi, qui vient leur rappeler les dangers qu’ils encourent à chaque instant sur la route. Nous, pauvres cyclistes, êtres vulnérables, sans défense ni armure, bien souvent démunis …
Deux heures plus tard, tout rentrera dans l’ordre, avec Dadou à nouveau parmi nous. Une Dadou presque intacte. Il n’en n’est pas de même pour la roue arrière de son vélo, qui elle a bien morflée ! Un moindre mal. Durant deux jours, Dadou convalescente, prendra place dans le fourgon au côté de Pierrot. Un Pierrot qui durant le circuit disposera ainsi d’une assistante de choix. Indéniablement, l’ordinaire pour lui s’améliore. Pour nous aussi ! Bien que nous aurions préféré la garder bien au chaud parmi nous ! Dadou reprendra tout de même la place qui aurait dû être la sienne, c’est-à-dire dans le peloton, le troisième jour, son vélo entre-temps ayant été remis d’aplomb.

Km 95

Murat et sa citadelle annoncent la montagne. Des sommets se dressent aux alentours, prémices d’un profil beaucoup plus accidenté. Une entrée en matière, où le pas de Peyrol bientôt à franchir, sera le point d’orgue de la journée.
Une grimpée sèche, attend les cyclistes dès la sortie du restaurant. Des rues aux pentes abruptes, ont rapidement projetés la troupe au-dessus des toits. Une forte déclivité qui ensuite va s’adoucir, la route débouchant alors au milieu des alpages. Encore quelques kilomètres, puis le col de Dienne sera franchi. Après une brève descente, les cyclistes ont bifurqué à gauche, puis ont traversés le petit bourg de Lavigerie, un petit hameau de quelques maisons blotti au pied de la montagne. En levant la tête, on peut déjà apercevoir les pointes acérées du Puy mary. Le Puy Mary et son imposante barre rocheuse, avec ses crêtes qui par endroit émergent des nuages.
Maintenant, une pluie fine s’est mise à tomber sur ce flanc nord de la montagne. Des gouttes, qui immédiatement se dissipent en vapeur sur le ruban brun de la route … Route qui tout à coup prend des allures irréelles, et où des cyclistes comme noyés dans un halo de brume, se perdent au loin …
Pendant ce temps, un duo italien, bien réel celui-là, entame l’ascension de la côte. Les Dell Omini père et fils, Tony et Benjamin, qui cette année encore pédalent de concert. Dell Omini, un nom à particule, et avec lui toute la noblesse Italienne ; pardon, Sicilienne ! Qui nous honore de sa présence. Benjamin juché sur son vélo Lapierre : un héritage familial qu’il a à cœur de chevaucher, a fière allure. Bien posé sur la selle, il aborde la pente avec conviction, bien décidé à vaincre l’obstacle. Depuis ses débuts qui datent seulement de l’année dernière, le jeune cycliste a bien progressé. A ses côtés, il y a Tony, le patriarche, lui, toujours monté sur son Bianchi. Bianchi : une marque et des machines de prestige élevées au rang d’œuvre d’art. Des vélos, qui donnent à tous ses possesseurs, des titres de noblesse. Des destriers de choix, réservés à une élite composée essentiellement d’hédonistes ou d’esthètes.
Mais attention, les Dell Omini, cette famille unie par des liens solides, forme aussi un clan. Même que Joffrey, le second fils, en poste depuis un an dans la région, s’est senti dans l’obligation de rendre une petite visite amicale au duo familial présent aujourd’hui parmi nous. Un rendez-vous fixé sur les pentes du Pas de Peyrol, où le vétérinaire exerçant son métier à Riom Es Montagne, vient parfois soigner des bêtes. Du coup, un clan des Siciliens au complet, et avec lui une petite musique bien connue qui trotte dans nos têtes. Une mélodie qui plus tard nous accompagnera encore, égrenant doucement ses notes pendant que nous poursuivrons notre route …

Km 110

Qui à ce jour, a déjà entendu parler du classement de la « non combattivité » ? Personne ? Normal ! Cette distinction n’existe pas, et n’a jusqu’alors encore jamais été proposée, ni mise en place, dans aucune compétition officielle. C’est Laurent Théoleyre, nouveau licencié au club, et collègue de travail de Jean-François, qui un jour m’avait suggéré le concept. Après tout pourquoi pas ! Une idée qui sans doute, n’était pas tout à fait arrivée par hasard dans notre conversation. J’avais donc poussé plus loin mon questionnement pour qu’il développe son propos.
Parce que tu verrais par exemple, des prétendants sérieux à ce challenge dans le club ? Parce que si t’as des noms, Laurent, maintenant balance !
Ecoute Denis, c’est pas pour faire injure à mon collègue Jean-François, mais le garçon, je l’ai jamais vraiment vu se dépouiller sur un vélo ! J’en vois une aussi, qui pourrait bien rentrer dans les critères. Tiens ! Régine par exemple ! Douée la cocotte, mais chez elle aussi, jamais une goutte de sueur qui perle de son front
Allez, je laisse assumer à Laurent la teneur de son propos. Je ne suis pas juge ici en charge de confirmer ou d’infirmer la pertinence de ses mots. Par contre, pour m’amuser un peu, j’ai imaginé quelques critères qui pourraient servir de base, en vue d’établir ce classement. J’en vois trois, principalement.
1 – une sudation minimale.
2 – Une impassibilité clairement lisible sur un visage sans grimaces durant l’effort, avec une coloration de peau minimale. Le rouge totalement proscrit, juste le teint rose toléré.
3- Un rythme de pédalage le plus régulier possible. Toutes accélérations induisant pour le candidat au titre, des points de pénalité.
Le dernier kilomètre du Pas de Peyrol est sévère. A cet endroit la chaussée « lève » à près de dix pourcents. Une pente conséquente, et surtout sans répit. Les alpages, les prairies, maintenant ont totalement disparues. La route taillée dans le rocher, évolue dans un milieu minéral, souvent hostile aux cyclistes obligés de s’arcbouter sur leur machine pour progresser. Régine et Jean-François grimpent sans broncher. Je repense alors aux propos de Laurent, et à son concept. Maintenant à qui des deux, devrait-on décerner le challenge et adjuger le maillot ? Je ne me prononcerai pas sur la question. Un jury indépendant et impartial devra trancher !

km 130

Après le passage du Pas de Peyrol et un plongeon vertigineux à travers le cirque du Falgoux, les cyclistes devront entamer une nouvelle ascension. Le col de Néronne, en fait n’est pas une bosse sévère. Comparé aux difficultés précédentes, il ne pourrait même faire office que de léger faux-plat montant. Il s’ouvre à son sommet sur un large balcon dominant Salers et la cascade de Maronne. Un paysage de tout premier choix, dont malheureusement aujourd’hui nous serons privés. La campagne, enveloppée dans un pudique voile de brume, se refuse à nos yeux, et laisse les cyclistes sur leur fin. Alors comme vexés, ces derniers foncent vers Salers, comme pressés de partir, fuyant en espérant trouver plus loin un horizon dégagé.
Mathieu dévale la pente, rythmant les mouvements de son corps d’un coup de pédale obstiné. Mathieu est un discret, qui tout comme cette belle vallée de Lesmaronies aujourd’hui, s’efface souvent derrière un voile. Un voile de pudeur. Mais sous le voile, il y a un roc, une nature saine doublée d’une force phénoménale, qui sans bruit avance et trace son chemin. Du solide Mathieu, comme ces roches basaltiques, qui partout ici s’érigent en monuments, conférant au lieu ce caractère indestructible.

Km 150

Nous Arrivons à Saint Martin de Valmeroux, terme de la première étape, en toute fin d’après-midi. La journée a été dure, mais belle et chargée à la fois d’émotions. L’accident de Dadou trotte encore dans l’esprit de chacun. Une dadou heureuse parmi nous, presque intacte dans son âme, dans sa chair aussi, avec au bilan, seulement un poignet, un genou, et une roue du vélo, quelque peu cabossés …
La bourgade est paisible. Les chalets du camping municipal, à l’intérieur desquels les randonneurs trouveront refuge durant la nuit, sont d’un abord chaleureux, accueillant. Dehors, le temps est gris, mais il ne pleut pas. C’est déjà ça ! Une fois l’ensemble de la troupe douché, changé, tout le monde s’est réuni autour d’une table pour l’apéro. Une table copieuse, dressée par Pierrot bien-sûr. Pierrot toujours à la manœuvre, prêt à servir. Incontournable Pierrot …
Le restaurant, où plus tard les cyclistes iront se sustenter, est situé au cœur de la petite bourgade. Il a le charme à la fois un peu « vintage » et désuet, d’une guinguette des bords de Marne. Seulement ici, c’est la Maronne qui coule. La Maronne : petite rivière aux eaux pures et limpides, paradis, on peut le supposer, des pêcheurs à la mouche qui sur ses berges traquent la truite. Le cours d’eau traverse le bourg, où il s’écoule et passe tranquille. Même qu’en tendant l’oreille, on peut l’entendre chantonner doucement entre les cailloux …
Le restaurant, blotti dans un écrin de verdure, a cette allure nonchalante, d’un lieu d’où se dégage une ambiance feutrée. Une longue table, réservée aux cyclistes a été dressée dehors, sur la terrasse. Une terrasse qui donne sur le parc. De grands arbres jouxtant presque les bâtiments, confèrent au lieu, ce côté petit bourgeois de province. Ils offrent aussi l’intimité d’une pénombre, où chacun se sent bien et peut trouver le repos.
Un moment passé ici, doux et apaisant, avec un repas qui nous a été servi, bon et copieux …

Samedi 24 juin, 6 heures, Saint-Martin de Valmeroux

La nuit a été calme à Saint Martin de Valmeroux. Et ce matin, les chalets du camping municipal baignent encore dans la pénombre. Des lumières çà et là commencent à s’allumer et filtrent par le carré des fenêtres. Des cyclistes se préparent déjà à repartir. Parmi eux, un homme est inquiet. Christian explore une nouvelle fois l’intérieur de son sac. Un sac, où sa tenue cycliste de rechange est absente. L’aurait-il négligemment laissée à la maison ? Une hypothèse fâcheuse. Il farfouille encore. Et toujours rien ! Une pointe d’agacement déjà distille son poison, pendant que dans le même temps, un doute s’installe. Merde, ce serait con quand même ! Quand tout à coup s’allume en lui une mince lueur d’espoir … Jean-Claude avec qui il partage la chambre, est là devant lui. Jean-Claude qui torse bombé dans son maillot, trône devant son lit en tenue de sport, déjà paré pour le départ. « Viens voir là, toi ! » dit-il alors à son ami le « Polak ». Un sobriquet avec lequel Cricri a coutume d’interpeler affectueusement l’homme en question. L’homme qui gentiment s’exécute. Un homme observé ensuite avec beaucoup d’attention. A qui Cricri, demande même d’effectuer une rotation sur lui-même, à la manière d’un mannequin dans une revue de mode. Une manœuvre utile, puisque brusquement tout s’éclaire, et que désormais le doute n’est plus permis. Son deuxième cuissard et son autre maillot, ne sont pas restés en rade à la Charreyre !
C’était juste Jean-Claude qui en s’habillant ce matin, c’était trompé de sac …

Km 20 –

Ce matin cap à l’ouest. Durant les premiers kilomètres du parcours, des routes emmènent les cyclistes aux confins du Cantal et de la Corrèze. Des routes souvent larges, louvoyant aussi au cœur d’une nature sauvage. Un terrain presque plat, du moins sans grosses aspérités. Un relief, sans commune mesure en tout cas avec celui rencontré la veille, qui permet aux cyclos d’adopter un bon rythme de croisière. Une situation provisoire … Pleaux et Saint Privat, ainsi sont traversés à bonne allure, d’autres bourgades aussi. Dans tous ces villages, souvent de simples hameaux constitués de bâtisses aux toits d’ardoise grise s’appuyant sur de solides murs de pierre noire basaltique, les maisons font bloc autour de leur clocher. Des maisons cossues faites pour durer.
Une longévité, dont Louis sans doute détient une partie du secret, et connait les arcanes. Inusable Louis ! Il pédale juste devant moi. De son coup de pédale franc et volontaire, il avance sans frémir. Louis, un homme sain, fait d’un bois solide. Le même que celui de ces charpentes séculaires qui parfois craquent la nuit ; certes qui frémissent, mais qui passent les saisons et traversent les âges, sans broncher ni subir les outrages du temps …

Km 35

Les gorges de la Dordogne se devinent à peine, bien qu’elles soient pourtant là, presque devant nous. La rivière et son relief en creux, cette topographie particulière, un peu abstraite, que tentait de nous expliquer de leur mieux nos instituteurs il y a bien longtemps … En fait un terrain presque plat, mais seulement d’apparence, car constitué aussi de veines profondes qu’a creusée la rivière. Un cours de géographie qui devrait se concrétiser sous nos roues très bientôt ; avec une explication de texte qui aura lieu tout à l’heure, quand il nous faudra remonter du fond d’un de ces trous !
Et l’explication ne se fait pas attendre. Dès la sortie du village de Bassignac, la route plonge, étroite et tortueuse, s’enfonce dans des gorges inhospitalières et sombres par endroit, se frayant difficilement un passage au milieu d’une épaisse forêt de feuillus. Les virages sont serrés, rapprochés, réclamant une attention de tout instant, un sens aigu du pilotage. Je pense alors à quelques cyclistes de chez nous : des adeptes de la trajectoire incertaine, du zigzague artistique, élevé au rang de règle de conduite sur la route. Je ne citerai pas de noms. Mais certains peut-être se reconnaitront … Des cyclistes, qui là tout à coup s’en donnent à cœur joie, qui enfin tiennent leur revanche. Ici, ils sont chez eux, épousant parfaitement les formes du terrain, en phase enfin avec la route, la nature, avec eux même ! Une harmonie parfaite, leurs vélos décrivant de belles trajectoires en symbiose avec le tracé de la route. Des hommes qui tout à coup semblent virevolter, enfin épanouis, comme défaits d’un poids qui jusque-là les plombaient.
Arrivés au bas de la descente, là où coule la rivière, le décor est sombre et sauvage. Une sorte d’intrusion dans les entrailles de la terre. Mais à partir du Pont du Chambon, une belle escalade attend les cyclistes. Un passage obligé pour s’extirper du gouffre et remonter à la surface, avec en prime, une route qui n’en est presque pas une, et un bitume pas plus lisse qu’une râpe à fromage. Un exercice délicat. Une épreuve pour beaucoup, vécue comme un chemin de Croix.
A Auriac, retour enfin en pleine lumière, où Dadou et Pierrot, qui eux aussi ont réussi à s’extraire de ces chemins de l’Enfer, nous attendent, avec en prime une récompense : un bon et copieux ravitaillement. Mais un répit de courte durée, car une nouvelle plongée sur les bords de la Dordogne, suivie d’une nouvelle ascension sévère, attend encore les cyclistes. Une bosse, qui passe par le barrage de l’Aigle. Un méchant coup de cul, qui là encore fait mal aux pattes, et qui prend fin dès la sortie du bourg de Chalvignac.

Km 80

Quand nous arrivons à Mauriac, il est presque midi. Mauriac et sa célèbre foire aux bestiaux, son cadran. Son restaurant aussi, où les cyclistes sont attendus pour le repas de midi. Une ville à ce moment là, proche d’un état léthargique, assommée par la chaleur, étouffant sous un soleil de plomb. Une ville et ses toits d’ardoises grises, encore et toujours … ses murs de pierre sombre qui contrastent maintenant avec le vert tout autour qui domine … La région de Mauriac est un pays sauvage, un lieu peuplé d’hommes rompus aux rudesses climatiques. C’est aussi le pays de Louis Bergaud, dit « Lily Bergaud » ou encore « la puce du Cantal ». Un Cycliste surdoué, grimpeur patenté, vainqueur à plusieurs reprises d’étapes de montagne dans le Tour de France. C’était dans les années cinquante, soixante … Mais un cycliste aussi, qui paradoxalement n’aimait pas le vélo ! Des confidences recueillies un jour par un journaliste venu interroger des gens de son entourage. En fait, sa vraie passion à lui, était la chasse, et les longues escapades à travers la montagne qui vont avec. Un homme en fait, devenu chasseur de prime, faute de chasser le sanglier ou le perdreau, et qui considérait alors le vélo comme une simple activité lucrative, comme un métier plus qu’une passion.
Engagé un moment comme équipier de luxe en montagne auprès de Jacques Anquetil, il avait vu à travers ce statu de choix, un moyen de s’émanciper et de s’élever socialement, lui au départ simple paysan à la tête d’une petite exploitation agricole. Une manière pour lui d’échapper à une vie ordinaire, celle des gens de la terre où le labeur est dur, et où la tâche n’est pas toujours très bien récompensée.
Le restaurateur nous apprend que deux cyclistes de notre groupe sont passées ici avant nous. Deux dames arrivées de bonne heure, et qui après une brève pause, et un rapide casse-croute consommé sur un coin de table, sont vite reparties. C’est Monique et Simone, deux électrons libres qui sillonnent en duo le Cantal. Deux femmes libérées et discrètes qui vivent leur vie, défaites de l’instinct grégaire qui souvent emprisonne. Nous avons chaque soir, la joie de les retrouver à l’heure de l’apéro …

Km 110

Arrivé à trois kilomètres de Moussage, un panneau jaune de taille conséquente, nous délivre un message assez explicite. La route entre Moussage et Trizac est barrée, avec un tronçon de plus de dix kilomètres qui est interdit à la circulation. Un crochet non prévu, et donc quelques kilomètres en plus au programme, avec en prime, un profil à priori en forme de toboggan. Des craintes, qui rapidement se confirment ! De beaux panoramas, certes, une élévation certaine aussi, avec une approche intéressante des hauts plateaux cantaliens aux abords de Riom, mais un profil musclé et un plat de résistance qu’il faut là digérer, avec au final, pas mal de creux, mais surtout de bosses qu’il faut encore avaler.
Jean a souffert. Jean a même vécu un calvaire dans le Cantal. Oui ! Un véritable chemin de Croix. Jean n’aime pas, et ne prend jamais de fromage. Ni avant, ni au milieu, ni à la fin d’un repas ! Alors avec des Cantalous, fiers de leurs produits, et qui ne cessent de nous rappeler par moult panneaux ou affichages qui partout se dressent le long de la route, la richesse de leur terroir, et bien Jean a frôlé la crise de nerf, et même le burn-out ! Jean pourtant, fin épicurien qu’il est, et qui n’aime pas le fromage ! Un peu bizarre tout de même, et une facette de sa personne qui nous étonne toujours un peu ! Un particularisme d’ordre culinaire, qui un jour avait même provoqué chez une dame, une réaction surprenante. Un jugement à l’emporte-pièce, étayé par cette réflexion Sibylline : « vous n’aimez pas le fromage ? Et vous avez pu trouver une femme ? » Propos surréalistes, mais surtout véridiques, qui furent prononcés je crois dans un gite lors d’une randonnée en Ardèche, et que Jean et quelques témoins pourraient confirmer. Ah ces femmes je vous jure ! Pourquoi aller chercher des complications, déployer parfois des forces insoupçonnées pour tenter de leur plaire ? Alors qu’avec peut-être, un simple petit bout de fromage offert sur un plateau, le tour serait joué, et l’affaire entendue …
Steph lui, a retrouvé le sourire. Nous côtoyons aujourd’hui un homme épanoui, et surtout un cycliste à nouveau heureux de pédaler sur son vélo. C’est un Steph revigoré, un homme ressuscité après le méchant coup de grisou qu’il avait essuyé, il y a maintenant une semaine du côté de Pélussin, qui pédale parmi nous. Un Steph prudent aussi … L’homme adepte pourtant du coup de sang, de l’accélération brutale souvent incontrôlé, mais qui devant la peur de serrer une nouvelle fois le moteur, a adopté un style de pédalage non violent, tout en douceur … Un Steph à ce jour, presque aussi doux que ses agneaux qu’il chérit tant.

Km 120

Le petit village d’Auzers, s’accroche comme il peut, au flanc de la montagne. Nous venons de sortir d’une sorte de ravine, et au détour de quelques virages, de grands espaces nous apparaissent maintenant, d’immenses panoramas, avec tout au bout un horizon dégagé. Mais pour l’instant, il faut encore grimper. J’observe alors François. Un François calme et apaisé, qui roule sous « le seuil », œil rivé sur le cadran de son cardio. Un cycliste posé tranquillement sur la selle de son vélo, comme en train de prendre la pause, allongé sur une confortable chaise longue ! Facile le vélo, en regardant François qui pédale. Mais attention, douce illusion et simple mirage … Mirage, qui derrières ses brumes évanescentes, trouble parfois avec malice notre perception des choses. Nous pauvres terriens qui ramons à ses côtés, impuissants et souvent démunis.

Km 135

Riom es Montagne est maintenant derrière nous, blotti dans son écrin de verdure, coincé entre deux replis du terrain. Dès la sortie de la ville, la route grimpe à nouveau. Encore quatre à cinq kilomètres d’escalade avant la bascule, avant que les grandes plaines d’Allanches s’offrent à notre regard. Des espaces immenses, où brusquement chacun se sent tout petit. Minuscule même, quand partout s’ouvre un horizon dégagé. Seuls quelques burons, de ces vieilles bâtisses de pierre qui autrefois servaient d’abri aux bergers, sortes de phares plantés au milieu des terres, après que la mer se soit retirée, se dressent çà et là sur quelques monticules. … Un paysage où le vert domine, présent partout dans cette nature brute et sans retouche. Des cyclistes alors tout à coup saisis de stupeur, et comme scotché par la beauté du spectacle ; des hommes réduits à presque rien et qui passent en silence, fondus dans le décor …
Alain, cycliste à l’élégance naturelle, avance de sa pédalée souple et régulière, fondu parmi les courbes toutes en finesse du relief … Alain à la fois robuste et gracile. Alain qui pédale à un rythme de métronome, toujours régulier et constant. Une posture comme pour nous rappeler que le temps passe, qu’il passe comme la vie, et qu’on ne l’arrête pas …
Pascal dit « le nettoyeur », le sobriquet d’un homme toujours animé d’un esprit offensif devant une assiette et un plat, aujourd’hui pédale « facile », en regardant des vaches. Des vaches libres, lâchées en pleine nature, tranquillement en train de paître au milieu d’immenses prairies. Pascal, chez qui il m’a semblé percevoir alors, comme l’ombre d’un trouble. « Un nettoyeur », sans doute un peu jaloux et envieux de toutes ces bêtes saines, bien campées sur leurs pattes, qui ici disposent d’un stock sans borne de nourriture. De vastes pâturages, qu’il voit alors comme une table immense, un monstrueux plateau de victuailles qui s’étale à l’infini, prêt à offrir à ses hôtes un gargantuesque festin …
Nadine semble rouler sans s’émerveiller, ni s’étonner de ce qui l’entoure. Nadine un peu absente. Normal, elle retrouve ici un peu de son Sancy natal. Même verdure, mêmes espaces immenses. Un terrain qu’elle connait. Alors sans doute un peu de nostalgie rôde aux environs et l’accompagne : avec peut-être aussi, tout au fond d’elle, un peu de son enfance qui revient …
Régine de sa pédalée fluide, passe comme en glissant. Elle avance parfaitement posée sur son vélo. Une Régine à la santé insolente, et prête qui sait, à aller loin …
Daniel roule et se tait. Aujourd’hui, sa voix reconnaissable entre toutes, ne s’est presque pas fait entendre. Ce bel organe aux accents de corne de brume, pourrait pourtant ici résonner de tout son écho, et servir même de cri de ralliement pour rassembler les bêtes d’un troupeau. Sa voix de baryton, ne résonnera que plus tard dans la nuit … A l’heure où les fêtards entrent en piste !
Franck, haut perché sur son vélo a pris de l’altitude. Quelques dizaines de centimètres de plus que nous ! Même qu’il n’en revient pas Franck, de cet incroyable voyage, la tête encore me semble-t-il, un peu perdue dans les nuages …
Jean-Claude, courageux et obstiné comme à son habitude, a passé avec succès tous les obstacles. Du coup maintenant il savoure, avance en « se la coulant douce », sans forcer son talent. Jean-Claude, un homme opiniâtre, tenace et obstiné … Qui parmi nous, pouvait en douter encore ?
Et puis le reste de la troupe est passé, Marc je crois fermant la marche, ou Jeff, ou moi peut-être … Une longue procession qui défile, et dont l’ordre de passage à vrai dire n’a aucune importance. Encore quelques coups de pédales, et la vallée de l’Allagnon bientôt sera en vue. Les cyclistes d’ailleurs la distinguent déjà. Et comme prévu, un peu plus loin la route amorce une descente, avec une chaussée un moment entièrement recouverte de gravillons. Neussargues maintenant n’est plus très loin …

Km 16O – Neussargue

Fin de cette deuxième étape, et arrivée à neussargues en fin d’après-midi. Neussargues, ancien nœud ferroviaire et sa gare d’importance, du temps où le chemin de fer était roi. Une époque aujourd’hui révolue. Notre gîte occupe les murs d’un ancien baraquement où logeaient les poseurs de voies employés autrefois par la SNCF. Des locaux d’apparence sommaires, mais bien tenus et propres, vont nous accueillir pour la nuit. Le tenancier, un personnage haut en couleur au look de « Byker », veille sur les lieux. Ce motard pratiquant, vivant un peu à la marge, est de surcroit un homme bigrement sympathique. Une bonne bouille ronde, une bonne humeur s’affichant « plein feu » sur son visage, en témoignent, et sont autant d’indices qui ne trompent pas ; des signes assez clairs, pouvant se lire comme une invitation à la déconne. Et à priori le message est passé ! Du coup, nous retrouvons des Beauzacois à l’heure du repas, juste après l’apéro, en pleine phase d’euphorie. Enfin certains beauzacois ! Des hommes qui après les durs efforts consentis au cours de la journée, tout à coup se lâchent. Une ambiance à monter sur les tables et à faire péter les bouchons ! Daniel est repéré parmi les meneurs. Il y a Ness aussi. Pour ceux-là, on savait déjà, ce sont des valeurs sûres ! Mais à leur côté, il y a aussi quelques jeunes. De nouvelles recrues qui leur emboitent le pas, et qui se révèlent être des talents prometteurs. Je citerai par exemple Franck, le grand Franck qui à fond les manettes ce soir-là, n’a pas donné sa part au chat. Patrick Perrin aussi. Un vrai costaud que celui-là, un talent avéré sur la route, mais qui question déconne, n’est pas à la « ramasse », pointé là encore aux avant-postes de la course. Et puis il y a Antoine. N’oublions pas notre gamin, jeune cycliste prometteur, futur coursier j’espère, à l’accélération ravageuse. Bip ! Bip ! Qui embringué au milieu de cette bande de lascars, s’est montré tout à fait à la hauteur. Bref, une relève en principe assurée, avec cette nouvelle horde sauvage pétrie de talent qui arrive. Et du coup, des anciennes gloires soulagées, qui bientôt pourront prendre leur retraite, certaines que toutes ces valeurs incontournables qui forment le ciment du club, pourront se perpétuer. Enfin faudra-t-il encore que ces jeunes pousses confirment ces quelques belles qualités entrevues. Un passage attendu. Une phase délicate aussi, où parfois des déceptions se font jour, ruinant alors brusquement les espoirs suscités. Affaire à suivre …
Et puis cerise sur le gâteau, avec la petite fille du propriétaire, qui nous offre le dessert. Une prestation de choix, servie sous forme de trois chansons interprétées a capela, et digne d’un pro. Chapeau l’artiste !
Bref, une soirée merveilleuse, au terme de laquelle, tout le monde je crois est allé se coucher bien content !

Neussargues, dimanche 25 juin – 6H30

Levée aux aurores pour les cyclistes, avant le départ. Cette dernière et troisième étape qui les ramènera à Langeac sera courte, à peine soixante kilomètres. Quand Louis nous rejoint autour de la table où nous prenons notre petit déjeuné, c’est un homme requinqué et souriant que nous retrouvons. De vilaines douleurs aux cervicales qui l’enquiquinait « graves » depuis quelques jours, se sont comme évaporées durant la nuit. Il faut dire aussi, qu’il a passé une bonne nuit, Louis. Un traitement presque de VIP, avec le privilège d’être logé dans le « home-car » personnel du patron ! Et où un lit, celui du propriétaire, lui avait été exclusivement réservé !
Le rassemblement des troupes avant le départ, s’effectue une nouvelle fois dans la bonne humeur. Une petite photo avant de repartir, puis les cyclistes s’élancent. Dès la sortie du bourg, la route s’élève déjà. Certes la pente est douce, mais une déclivité continue, leur permet d’apercevoir rapidement la vallée de l’Allagnon en contrebas. Une ascension au cours de laquelle, ils voient peu à peu naitre un paysage ; avec des montagnes qui derrière, semblent se déployer.

Km 10

Alors que le sommet de la bosse est en vue, la côte des milles mètres d’altitude, est atteinte. La route chemine maintenant sur un plateau. Une montagne au relief arrondi, au-dessus de nous déjà se dessine. Une batterie d’éoliennes repérables de loin, jalonne sa ligne de crête. Quelques hélices tournent au vent, pendant que des vélos avancent sur la route. Des roues tournent, des jambes tournent, elles aussi. Bref, tout semble tourner rond ce matin sur la terre. Et pourtant …

Km 20

Proche du col de Fageolles, là où notre itinéraire croise celui de l’autoroute A72, bref moment de flottement. On a perdu Jean-Claude ! Pascal, parti à sa poursuite avec ! Jean-Claude qui un moment, oublie de tourner à gauche à un carrefour, et qui à fond les manettes, prend la direction de Saint-Flour … Jean-Claude et Pascal, que Pierrot parti en rabatteur, ramènera parmi nous dans le fourgon.

Km 28

Une longue descente avec la route qui longe en partie l’autoroute, puis qui plonge jusqu’au petit bourg de Saint-Poncy, et déjà les éoliennes du plateau d’Ally tournent au-dessus de nos têtes. Une topographie qui semble indiquer qu’une nouvelle montée se profile. Pas d’erreur ! Quelques kilomètres plus loin, il faut encore grimper. D’abord jusqu’à Saint-Laurent la Chapelle, premier palier avant un nouveau tour de vis jusqu’à Ally. Le dernier par contre celui-là, avant que les cyclistes ne plongent de l’autre côté de la montagne, dans les gorges de l’Allier.

Km 53

Une belle plongée par contre, presque un saut dans le vide que cette descente jusqu’à Lavoûte-Chilhac. Lavoûte-Chilhac, une belle petite bourgade nichée au fond de la vallée, avec l’Allier qui coule au milieu … Un lieu aussi, que les cyclistes beauzacois connaissent bien. Une étape et un point de chute classique lors de nos premiers tours de Haute-Loire. C’étaient nos premières randonnées itinérantes, un concept initié par Ness, le premier président de l’ABC. Un tour de la Haute-Loire, qui depuis s’est émancipé, et qui a pris le large, n’hésitant plus à sortir hors des limites du département.
Nous passons devant chez « Loulou ». Une table, que certains cyclistes connaissent bien, là encore. Loulou, le tenancier chez qui durant plusieurs années, ils vinrent se ressourcer. Une figure, un personnage, encore que celui-là. Un type, qui une année, avait quand même oublié de mettre du pain au menu du petit déjeuné ! Une bévue à mettre sur le compte de son boulanger. Le fournisseur de la denrée, ayant soi-disant oublié de se lever la nuit pour allumer son four !
Quelques kilomètres encore à rouler le long de la rivière, une quinzaine peut-être, et la boucle sera bouclée. Leangeac se profile. Langeac est presque là maintenant. Langeac, attention terminus ! Langeac, tout le monde descend !

Epilogue

La terrasse du restaurant est bien ombragée, protégée du soleil par une tonnelle. Les vélos sont déjà chargés dans les véhicules. Certains cyclistes s’apprêtent à repartir. Ceux qui sont encore là, la majorité d’entre eux qui a pu rester, gouttent au calme, au bonheur d’être ensemble ; ensemble une dernière fois pour partager un repas avant de se séparer. Les organismes sont éprouvés, mais les têtes sont joyeuses, même si plane déjà derrière chacun de ces visages, une ombre de nostalgie …
La virée a été belle. Et cette année il y avait du monde. Même que le record d’affluence a été battu. Vingt-huit cyclistes sur la route, en route vers les montagnes Cantaliennes et l’aventure. Un effectif pléthorique, qui comme souvent dans la nature, puise sa richesse dans la diversité. Des personnalités, des tempéraments bien différents, constituèrent ce peloton, et donnèrent à ce groupe de belles couleurs.
Une aventure humaine incomparable, et belle à vivre. A revivre c’est sûr, dès que possible. L’année prochaine … Avec des cyclistes, qui dès maintenant ont en tête d’autres routes, heureux déjà à l’idée de se projeter vers de nouveaux horizons.
Alors, on se dit à l’année prochaine ?

Confolent juillet 2017




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